Surmonter le pic pétrolier – 1ère partie : Quel est le problème?

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Posted by Herve | Posted in Problèmes mondiaux | Posted on 19-12-2010

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Une tempête arrive, dont certains disent qu’elle rayera notre civilisation de la carte du monde1. Je veux parler de la disparition progressive du pétrole.

Je me renseigne et j’analyse la question du depuis maintenant plus d’un an maintenant, et c’est une des raisons qui m’ont poussé à écrire ce blog. Le se définit comme le moment où nous atteindrons la production maximale de pétrole et du même coup le déclin irréversible de cette production.

Certains indicateurs marquent le pic pétrolier comme imminent voire dépassé de quelques années. Bien que les conséquences ne soient pas immédiates après ce pic, sur le long terme, elles seront sévères. Nous discuterons par la suite des solutions possibles à l’épuisement des ressources pétrolières, mais d’abord, de quoi parle-t-on? Commençons par quelques faits:

  • Les ressources de pétrole de notre planète sont limitées parce que la Terre est ronde.
  • Le premier puits de pétrole commercial a été foré en Pologne en 1853, et la production mondiale a atteint 4 millions de barils par an durant les années 18602 (un baril correspond environ à 159 litres).
  • La production actuelle oscille juste au-dessus de 70 millions de barils par jour3.
  • 2005 a battu tous les records avec 73,72 millions de barils par jour3. Depuis la production est plus ou moins stable.
  • La révolution industrielle a à la fois permis une meilleure compréhension des différentes façons d’utiliser l’énergie et la multiplication de la population mondiale, qui fut pratiquement constante durant des millénaires, par un facteur dix4a4b. Il est clair que nous n’aurions jamais pu atteindre cette densité de population humaine sans accès à toutes les sources d’énergie dans lesquelles nous pouvons puiser de nos jours.
  • Notre industrie, notre système alimentaire et notre économie sont devenus totalement dépendants d’une essence bon marché.
  • La demande de l’Inde et de la Chine en pétrole devrait quadrupler d’ici à 20305.
  • Quelques 64 millions de barils par jour de capacité brute supplémentaire à la production actuelle – l’équivalent de près de six fois la production journalière de l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui – devront alimenter le système entre aujourd’hui et 2030 (World Energy Outlook 20086)

Si la quantité de pétrole que nous avons est limitée, si nos besoins sont en croissance exponentielle et si la production reste stable depuis 5 ans, quelle quantité de pétrole nous reste-il?


Il faut d’abord se rendre compte que nous ne découvrons plus d’immense champ de pétrole. On estime que le pic de la production pétrolière suit le pic des découvertes de champs pétroliers avec un délai de 30 à 40 ans, selon l’urgence avec laquelle les nouvelles ressources sont exploitées. Le graphique ci-dessous montre l’évolution de la découverte de gisements de pétrole classiques:

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Deuxièmement, selon l’EIA (Energy Information Administration des États-Unis), nous sommes proches d’une pente descendante7a7b. Voir ce graphique:

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Le graphique ci-dessus a été soumis lors d’une table ronde du Ministère Américain de l’Énergie en avril 2009. Vous pouvez trouver le document de présentation de cette table ronde sur le site Web du Ministère. Comme vous pouvez le voir, la demande est le seul paramètre qui augmente. On note qu’au cours des 5 prochaines années, le montant requis pour répondre à la demande sera équivalent à 10 millions de barils par jour, soit la production journalière de l’Arabie Saoudite, le plus grand producteur au monde. Gardez à l’esprit que 7 ans sont nécessaires à un nouveau projet pétrolier pour être installé et passer en phase de production8, or si nous voulons répondre à la demande de pétrole au cours des 7 prochaines années, 20% de notre production dans 7 ans devra venir de projets qui ne sont même pas encore identifiés. En fait nous sommes déjà très en retard sur le programme.

Le problème est qu’il n’y a pas de substitut bon marché au pétrole et que la plupart des acquis de nos sociétés occidentales sont basés sur sa disponibilité. Même si le pic pétrolier n’avait pas encore été dépassé, tous les chiffres nous suggèrent qu’il est imminent (certainement moins de 10 ans, probablement moins de 5), après quoi nous devrons faire face au déclin irrémédiable dans sa production.

Parfois, le pic pétrolier est défini comme le moment où la demande dépassera la production, ce qui à mon avis est déjà fait depuis quelques années, au vu du prix actuel du pétrole brut et de la stabilité de sa production malgré la croissance de la demande internationale.

Je voudrais m’arrêter un instant pour vous laisser appréhender le problème et lister ce qui dépend réellement du pétrole:

  • Les voitures, les avions, les bateaux, les camions : en fait la plupart de nos transports.
  • Les livraisons commerciales: apporter de la nourriture aux supermarchés, livrer des matériaux de construction et la majeure partie du secteur industriel.
  • Les pneus: il faudrait 85 millions de barils de pétrole brut pour produire les pneus pour l’ensemble des voitures aux Etats-Unis et environ 30 litres de pétrole brut pour produire un seul pneu9a9b. C’est pourquoi, même si nous roulions tous à l’électrique, nous aurions toujours un problème.
  • Les équipements miniers10, agricoles et forestiers: la densité énergétique de n’importe quelles batteries disponibles dans le commerce les rendent excessivement lourdes et en font donc un pauvre substitut aux énergies liquides.
  • La plupart des plastics12: les plastiques sont partout. Regardez autour de vous, en commençant par votre ordinateur, votre téléphone et les puces à l’intérieur, et puis essayez d’imaginer un monde sans plastique.
  • De nombreux pesticides sont dérivés du petrole1314. Les engrais sont dérivés du gaz naturel, qui sera un jour confronté à la même problématique.
  • Les huiles lubrifiantes pour moteur15.
  • L’asphalte16.
  • Notre production alimentaire et son réseau de distribution sont fortement dépendants du pétrole et des énergies fossiles17. On estime que pour chaque calories que vous mangez, 10 calories de combustibles fossiles (principalement du pétrole et du gaz) sont dépensées18.

Il n’y a pas lieu de paniquer: nous avons seulement consommé la moitié de la quantité de pétrole disponible sur notre planète. Cependant, il nous faut à l’évidence sérieusement repenser notre mode de vie. Dans un prochain article, nous étudierons les conséquences et les mythes du pic du pétrole.

Comments (3)

The term Peak Oil can be confusing, what is significant is the effect of flat or declining oil production will have on both the economy and on individuals.

When production on the downside collides with demand on the upside we are going to start seeing the effects, and we need a term for that situation.

The slump in the world wide economy starting in 2007 has kept demand down, but as the recovery continues, especially in China which has a booming economic cycle we will first see the effect on a practical basis at the gas pump.

Gas here in Southern Nevada is a bit over 3 bucks a gallon, up about 40 cents in the last few months. Not a lot of comment about it yet, but if it continues to go up we may see some effects.

[...] our previous post about peak oil I introduced the concept of finite resources which may be a limit to growth, and described how [...]

“When production on the downside collides with demand on the upside we are going to start seeing the effects”
In fact we will see the effects before that. The ‘net energy’ is what matter. Even if production and demand remain flat we will have a problem since with time the return on invested energy will continue to fall. It was 100:1 for the good old oil and is 3:1 at best for tar sand of alberta. The net energy is what will hit us the most.

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